L'Assemblée vote un texte pour mieux encadrer le crédit à la consommation
L'Assemblée
nationale a adopté mardi, en première lecture, le projet
de loi visant à mieux encadrer le crédit à la
consommation, mais le gouvernement a refusé de créer
un fichier positif du surendettement, lui préférant une "instance
de préfiguration".
Très attendu dans un contexte de crise, avec l'explosion du
surendettement qui affecte 800.000 ménages, le projet de loi,
voté par les seuls groupes UMP et Nouveau centre (NC), aura
patienté dix mois, depuis son adoption au Sénat, avant
d'être présenté à l'Assemblée.
Face au gouvernement, les députés n'auront pas eu gain
de cause sur la question du fichier positif, recensant l'ensemble des
crédits des particuliers et réclamé par le PS,
le PCF mais aussi le NC et de nombreux députés UMP.
Pas de fichier dans l'immédiat, a tranché Christine Lagarde
(Economie), qui a tout juste concédé la création
d'une "instance de préfiguration" d'ici à douze
mois.
Le texte prévoit notamment l'encadrement de la publicité sur
les crédits à la consommation et un meilleur encadrement
du crédit renouvelable.
A la demande de Mme Lagarde, les députés ont ajouté plusieurs
mesures en faveur du micro-crédit et des ménages surendettés.
Mais ils n'ont pas réussi à faire aboutir leurs autres
initiatives. Le gouvernement a en effet exigé un deuxième
vote pour supprimer les deux modifications les plus importantes votées
dans un premier temps par les députés de tous bords, à l'instigation
de l'UMP.
L'une rendait obligatoire la signature des deux conjoints
-ou deux personnes pacsées- lors de l'acceptation d'une offre
de crédit, en présence du prêteur. Une disposition
moins contraignante pour l'organisme de crédit a été préférée:
lors d'un mariage, le maire lira aux nouveaux époux une déclaration
sur l'engagement que constitue le crédit.
L'autre innovation supprimée interdisait le démarchage,
pour des opérations de crédit, hors des lieux de vente
(courriel, téléphone, poste).
La gauche a vu là une "humiliation (qui) n'est pas à l'honneur
du Parlement ni à l'honneur du gouvernement", selon le
socialiste Jean Gaubert. Cela fait "une raison de plus" pour
voter contre cette "mascarade", a-t-il dit. Le PS s'était
dit prêt à voter le texte si le gouvernement acceptait
le fichier positif.
"
Un certain nombre de banques n'y sont pas favorables
parce qu'elles détiennent de façon illégale leurs
propres fichiers et que cela leur donne un avantage concurrentiel par
rapport à celles qui n'en n'ont pas. C'est le moyen d'empêcher
les autres de rentrer sur le marché", du crédit à la
consommation, et "c'est ça que le gouvernement veut continuer
de protéger", a dit M. Gaubert.
Jean-Pierre Brard (apparenté PCF) a qualifié le projet
de "mauvaise farce" et moqué les députés
UMP qui n'ont "pas de colonne vertébrale" mais "un
estomac qui permet d'avaler toutes les couleuvres".
"
Les centristes ont choisi de faire confiance", a en revanche déclaré Jean
Dionis du Séjour (NC) tout en mettant le gouvernement en garde
contre un nouvel "enterrement" du fichier.
Pour l'UMP, Fabienne Labrette-Ménager a souligné que "le
remède législatif" avait "tardé".
Favorable au fichier positif, elle a fait part de "son impatience à voir
mises en place certaines mesures qui auraient permis plus encore de
renforcer la sécurité de l'emprunteur".
Dans un communiqué, Mme Lagarde a souhaité que le texte "puisse être
examiné en deuxième lecture par le Sénat d'ici
l'été".
Source : L'Express - AFP
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