Les députés votent la réforme du crédit à la consommation
Les députés ont adopté, mardi, le projet
de loi de réforme du crédit à la consommation
qui vise à limiter les abus en protégeant mieux les
consommateurs et en imposant de nouvelles obligations aux prêteurs.
Les groupes UMP et du Nouveau Centre ont voté pour ce projet
adopté en juin 2009 en première lecture par le Sénat.
Ce dernier devrait procéder à une seconde lecture fin
mai.
"
C'est un texte en trompe-l'oeil inspiré par et pour les prêteurs
et contre les emprunteurs. Nous ne pouvons pas nous associer à cette
mascarade", a affirmé Jean Gaubert (PS). La ministre de
l'Économie, Christine Lagarde, avait estimé en présentant
son texte qu'il allait "changer la vie des consommateurs parfois
fragilisés par la crise". "Il vise à mieux
protéger au quotidien les Français sans pour autant décourager
le crédit à la consommation parce qu'il leur est utile
et nécessaire", avait-elle souligné.
Neuf millions de ménages en France, soit environ un sur trois,
utilisent des crédits à la consommation. Les crédits
dits renouvelables ou "revolving", qui sont accusés
de favoriser le surendettement des ménages, ont le plus progressé ces
derniers temps en période de crise économique et de hausse
du chômage. Ce texte vise à encadrer la publicité et
la distribution des crédits à la consommation et à renforcer
l'information des particuliers.
Pas de "fichier positif"
Il prévoit l'allongement du délai de rétractation
du consommateur de 7 à 14 jours ou bien encore la consultation
obligatoire par les établissements financiers du fichier national
des incidents de remboursement des crédits aux particuliers
(FICP). Il est aussi prévu de réduire de dix à cinq
ans la durée d'inscription sur ce fichier. Le texte impose que
tous les crédits renouvelables comportent une part minimum d'amortissement
du capital pour éviter que les emprunteurs remboursent uniquement
les intérêts.
Un décret, a précisé le ministère de l'Économie,
sera publié qui précisera que les crédits de moins
de 3.000 euros devront se rembourser en moins de trois ans, les autres
en moins de 5 ans. Les procédures de saisie et d'exécution
engagées par les créanciers dès le début
de la procédure de surendettement seront suspendues et la fonction
crédit des cartes de magasins ne pourra pas être activée
sans y avoir explicitement consenti. Enfin, le texte comporte des mesures
destinées à développer le microcrédit afin
de favoriser le développement de prêts d'un faible montant
en direction des toutes petites entreprises (TPE), aux chômeurs
ou aux associations.
L'idée d'un répertoire national des crédits aux
particuliers, appelé "fichier positif", a été rejetée.
Après de longues négociations entre la majorité et
le gouvernement - la ministre s'y opposait -, il a été décidé de
créer un "comité de préfiguration".
Celui-ci disposera d'un délai de douze mois pour définir
les modalités de la mise en place de ce répertoire des
crédits en France. La gauche a critiqué cette démarche,
estimant que la création de ce "comité" était
en fait un "enterrement de première classe" du "fichier
positif"
Source L'express.fr.
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