Une "réformette" pour l'UFC-Que Choisir
Le souhait de Christine Lagarde de réformer le crédit à la consommation a suscité, dimanche 15 mars, plusieurs réactions. Dans un entretien au Journal du dimanche, la ministre de l'économie annonce en effet qu'elle va présenter lundi un projet de loi destiné, selon elle, à "responsabiliser" les établissements prêteurs.
Très mobilisée sur la question, l'association de consommateurs UFC-Que Choisir a qualifié ce projet de "réformette". Le projet de Mme Lagarde "n'est pas à la hauteur des enjeux de l'endettement en France", a déclaré le président de l'association, Alain Bazot, qui dénonce "l'indigence" de la proposition visant à rendre obligatoire la mention "un crédit vous engage et doit être remboursé" sur les documents promotionnels. "C'est prendre les gens pour des imbéciles !", s'est-il exclamé. M. Bazot a souligné qu'il y avait d'abord un problème d'offre de crédit, les consommateurs se voyant proposer un crédit renouvelable, à des taux compris entre 13 et 20 %, dans la plupart des grandes surfaces et grands magasins.
"C'EST UNE BONNE COPIE"
De son côté, l'association de consommateurs CLCV a jugé qu'il fallait mieux encadrer le crédit renouvelable (ou "revolving"). "Il faut faire en sorte qu'on n'oblige pas les gens à souscrire du crédit 'revolving' pour tout et n'importe quoi", a affirmé Reine-Claude Mader, président de l'association. Elle a ajouté que le reste des mesures proposées par Mme Lagarde n'étaient "pas critiquables en elles-mêmes" mais qu'il fallait attendre les détails du texte qui seront dévoilés lundi. "La publicité sur le crédit, on en parle depuis 1978 et on en est toujours au même point", a-t-elle remarqué, appelant de ses vœux la mise en place de sanctions à l'encontre des professionnels qui ne respecteraient pas la loi.
Enfin, Serge Maître, président de l'Association française des usagers de banque (Afub), s'est lui déclaré satisfait des mesures envisagées. "A l'heure où la consommation des ménages est un enjeu majeur pour l'économie française, il est essentiel que les évolutions du crédit à la consommation soient abordées de façon pragmatique de manière à rendre l'acte de crédit plus sûr pour le prêteur et l'emprunteur", affirme la FBF. "Sur les grands principes, c'est une bonne copie, on est satisfaits", a-t-il indiqué avant d'ajouter : "Mais dans la mise en œuvre, cela reste trop flou et insuffisant."
(source Le Monde)
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